La Bataille contre les Kitins (event du 10 mars !)

Où l'on a enfin, vraiment, de l'action. Des Kitins et de la manière dont les homins gèrent les problèmes...

Laofa était un peu triste. Ce soir, la Guilde aurait du se réunir pour aller visiter la Kitinière. Mais leur guide, Vrana, avait du annuler la visite au dernier moment pour une raison inconnue. Du coup les Indécis s'étaient éparpillés. Cyvos dormait, Verica forait, Kaewa draguait les Fyros pour faire enrager Bredi et Bredi boudait on ne sait où.

Laofa regarda sa pioche en soupirant. Certes, il fallait faire le plein de matières premières pour que la Guilde puisse s'offrir un beau hall, mais… Elle avait soif de compagnie. Pas du tout envie de rester seule.

Passant sur la place de Zora, elle fit soudain attention à une affiche. Les Rangers d'Atys organisaient une réunion ce soir pour parler de la menace Kitin.

“Bah, soupira-t-elle, ça ne peut pas me faire de mal…”

Elle se rendit au bois d'Almati et eu la surprise de découvrir une foule déjà nombreuse, dont de nombreux homins célèbres qu'elle avait déjà croisés dans ses pérégrinations sur l'Ecorce.

Du monde au Bois d'Almati

Vrana l'aperçut et lui fit un signe de la main. Elle rejoignit le groupe de Zoraïs qui l'entourait.
“C'est pour ça qu'on ne pouvait pas visiter la kitinière?
-Oui, répondis Vrana, les kitins sont trop agités ces temps-ci… J'espère que les Rangers pourront nous en dire plus.”

Laofa pressentait que la soirée allait être animée. De plus en plus de grands guerriers et de grands mages se réunissaient. Elle voyait les écussons de nombreuses guildes, Karavans et Kamis tous réunis pour écouter les informations du Grand Intendant Ranger Melga Folgore. Elle n'avait jamais vu autant de monde dans aussi peu d'espace ! Il fallait que ses amis voient ça. Elle envoya un Izam à chacun. Après quelques hésitations (d'usage), les Indécis la rejoignirent.

Melgo Falgore parla des récentes attaques. Les kitins semblaient opérer de nouveaux mouvements. La reine avait envoyé des ambassadeurs vers les Lacs et la Forêt. La nouvelle provoqua des émois chez les homins. L'affaire était grave, il fallait craindre l'apparition de nouveaux nids. On commença à discuter d'un plan d'action, quand un cri retentit :
“KITINS ! Ils sortent de la kitinière !!!”

En un instant, le camp fut envahi de chitine luisante et de griffes acérées. La panique fut totale. Les guerriers les plus expérimentés et les rangers s'organisèrent rapidement et commencèrent à défendre leur vie, mais de nombreux homins étaient tombés dès la première vague.

La panique avait aussi envahi Laofa. Elle tournait sur elle-même, incapable de se décider sur les priorités : soigner, fuir ? Se rouler en boule dans un coin ? Malgré tout, une petite voix au fond d'elle-même qui gardait un peu de lucidité remarqua :
“Ha, là, c'est du kitin désagréable. Pas aussi sympathique que les Kipees. On comprend mieux ces histoires de grands essaims, hein ? Oui, peut-être qu'on peut communiquer avec les kitins… mais là, on va tous MOURIR !!!”
Laofa se secoua et brancha ses amplificateurs. Elle balança des soins sur tous les homins qu'elle voyait, sans chercher à comprendre. Elle entendit alors les membres de son équipe crier. Elle courut dans leur direction, vit les guerriers qui s'étaient réunis pour former une ligne de défense commencer à céder, et les soigneurs derrière pris en tenaille par d'autres kitins. Elle balança ses sorts sur chaque groupe, comme elle pouvait, maudissant sa faiblesse. Jamais ses sorts ne suffiraient.

Le chaos était total et elle était incapable de suivre ce qui se passait, si les homins gagnaient ou perdaient. Elle essayait de se concentrer sur ceux de son équipe, évitant parfois des coups de griffes lancés au hasard. Dans un état second, elle se demanda quel était le nom de ces nouveaux kitins. Elle n'avait jamais vu ces espèces auparavant. Mais ce n'était pas le moment pour de l'entomologie… Sa distraction lui fut fatale et un kitin la projeta à terre. Incapable de se relever, agonisante, elle ne pouvait qu'assister, impuissante, à la mort d'autres homins autour d'elle. Plus loin, son équipe se faisait décimer. Elle ferma les yeux, sanglota, terrifiée.

Laofa coincée sous le cadavre d'un Kincher

Une vague bienfaisante de sève l'envahit. Verica la releva :
“C'est pas le moment de dormir, Laofa ! Cours !”
Elle courut. Quand elle se retourna, son amie avait de nouveau disparu dans la bataille.

La première vague de kitins fut repoussée. Les survivants traînèrent les blessés au camp, les guerriers organisèrent une barricade pour repousser la deuxième vague. Cette fois, les homins étaient mieux préparés et il y eut moins de pertes. Laofa avait aussi suffisamment repris ses esprits pour agir de manière plus efficace : se concentrer sur les soins aux soigneurs, à son niveau, était la meilleur chose à faire. Le deuxième assaut puis le troisième furent repoussés. Un guerrier dont Laofa avait oublié le nom cria :
“Dans la kitinière ! On va les supprimer à la source !”
L'armée de fortune s'engouffra dans les tunnels de la kitinière. Laofa découvrait dans sa course l'étrange lieu et sa beauté magique. Elle se retrouva un instant à courir au côté de Vrana :
“Ce n'est pas vraiment comme ça que se déroule la visite d'habitude, grommela celle-ci. C'est un peu… barbare, là.
-Bah, fit une Laofa légèrement hystérique, finalement, on aura quand même eu notre visite de la kitinière ce soir !”

Tout le monde se penche au dessus du vide dans la kitinière

Dans les galeries étroites de la kitinière, il y avait peu d'espace pour fuir. Pourtant, à force de tailler et de trancher, l'armée arrivait à avancer. En bas, au fond, une reine attendait… Mais elle était bien gardée. Les combats devinrent trop rudes. C'est alors qu'une rumeur courut le long de la colonne :
“Yrkanis est attaquée !”
Il y eu un instant de flottement. Puis les homins firent leur choix. A regret, ils remontèrent vers la surface et déchirèrent leurs pactes vers Yrkanis.

Lorsque Laofa arriva sur place, elle retrouva le chaos qui avait envahi le camp Ranger lors de la première attaque. Les kitins se promenaient dans Yrkanis, fauchant les pauvres homins qui avaient le malheur de se trouver sur leur chemin. Elle avait de nouveau perdu de vue son équipe et sa guilde. Rageant, elle soigna tous les homins qui passaient à sa portée, s'interrompant seulement pour éviter les kitins. Elle retrouva Kaewa qui se battait comme une lionne. La Trykette avait fait fi de son inexpérience et hachait menu tout ce qui passait à sa portée. Mais elle se faisait aussi énormément toucher… Laofa se concentra sur elle, terrifiée à l'idée de perdre son amie. Cette dernière était devenu complètement berserker et fonçait toujours plus loin au cœur des lignes ennemies, tant et si bien que la jeune Zoraï finit par ne plus pouvoir la suivre.

Mais une vague avait été repoussée. Dans le calme soudain qui s'abattit sur la zone, Laofa fut surprise de se rendre compte qu'elle était à présent à côté de Bredi.
“Je ne sais pas où je suis le moins inutile, déclara ce dernier. En soin ou au combat…
-Tu n'es pas inutile, Bredi. Chaque action compte.
-Moui…”
D'autres kitins approchaient. Bredi s'exclama alors :
“Je vais servir de bouclier homin ! Les coups que je prendrais, ce sera toujours ça d'épargné à un guerrier plus valeureux !”
Cyvos, qui passait à ce moment à côté d'eux, entendit ces dernières paroles et encouragea :
“OUI ! BREDI LE BRAVE !!!”

Les combats reprirent. Laofa eut soudain la surprise de reconnaitre des maraudeurs dans leurs rangs. Un peu à l'écart, ils faisaient quelques commentaires ironiques sur la capacité des homins à défendre leur nation. Dans la rage de la bataille, Laofa leur cria :
“Vous ne voyez pas que c'est homins contre kitins ? Vous êtes aussi concernés !”
Sans même savoir si elle avait été entendue, elle retourna soigner tous les homins qui passaient à sa portée. Mais plus tard, elle entrevit du coin de l'oeil certains maraudeurs qui lançaient parfois des sorts de soins. Une participation discrète, comme s'ils préféraient qu'on ne remarque pas qu'ils aidaient aussi… Mais… Laofa sourit.
Du reste, les sorts fusaient dans tous les sens sur le champ de bataille, et il était difficile de dire qui lançait quoi. Elle-même se fit soigner sans pouvoir identifier qui l'aidait, inconsciente même de la gravité de ses blessures jusqu'à ce que l'onde bienfaisante lui redonne de la sève.

Soudain, un kitin gigantesque apparut.
“Un Exterminateur !!” hurla quelqu'un, avant de succomber sous un coup de griffe. La monstrueuse bestiole surplombait les homins et sa chitine se frottait aux branchages des arbres les plus hauts. Avec l'énergie du désespoir, les homins concentrèrent leur force sur la terrible bête. Mais les sorts rebondissaient sur sa carapace et les lames les plus affûtées l'entaillaient à peine.
Même Laofa lui lança ses sorts de destruction les plus forts. Sans aucun effet… Un instant, elle crut que tout était perdu, qu'Yrkanis tomberait quand même. Mais alors une brèche apparut dans la chitine, et chacun redoubla d'effort. Petit à petit, tout en continuant d'exterminer les kitins plus petits qui arrivaient toujours en continu, les efforts conjugués de chacun finirent par entamer le redoutable Exterminateur Matis. La bête s'écroula alors. Des vivats s'élevèrent des rangs homins. Quelques groupes partirent faire sauter les tunnels Kitins qui avaient amené les monstres ici. Laofa s'écroula dans l'herbe, regardant les combattants reprendre leurs esprits. Elle admirait l'esprit de concorde qui avait uni les homins.

Mais l'alliance n'était que provisoire. A présent que les kitins étaient repoussés, les vieilles luttes intestines revinrent au goût du jour.
Des Zoraïs juraient qu'ils n'auraient pas du venir aider les Matis, ces derniers ne les ayant pas défendus lors d'une précédente escarmouche. Des maraudeurs décidèrent de se débarrasser d'homins gênants et les combats reprirent par endroits, mais entre homins… Les kamistes râlaient parce que les gardes refusaient de les laisser entrer en ville à présent que la menace était repoussée ; les karavans ajoutaient leur grains de sel. Laofa sentit la tristesse l'envahir. Ils avaient tous ensemble su s'entraider pour repousser les kitins, mais les vieilles querelles n'étaient pas oubliées.

Et pourtant… Pourtant, les homins avaient unis leurs forces. Tous. Et les kitins avaient été repoussés, au prix de nombreuses pertes, certes, mais quand même.

Si un jour Laofa avait des enfants, elle savait déjà qu'elle leur raconterait cette journée mémorable, et terminerait en disant : “J'y étais.”

 Ce texte utilise le fair-use, soumis à la tolérance des ayants-droits