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Organisation : Ore Altae

Une fiche de perso un peu particulière…

Historique

Jusqu'à un passé assez récent, les Esclavagistes des Plages d'Abondance avaient un fonctionnement assez classique. Ils récupéraient des homins de diverses sources (enlèvement, accord avec les pègres locales pour récupérer des débiteurs sans fond, et toutes manœuvres basées sur l'intimidation et la contrainte), et les revendaient bêtement à qui en avait besoin. Seulement, au fil du temps, la demande pour des esclaves de base a bien baissé. La faute aux lois contre le commerce promulguées par les quatre nations. Acheter des homins est devenu mal vu. Cela ne sert pas à grand-chose de stocker des esclaves s'il n'y a pas de marché (ça mange, il faut s'en occuper un minimum), aussi l'activité tournait au ralenti : fournir quelques spécimens aux savants fous, à quelques rares nostalgiques du passé qui devaient garder leurs achats cachés, à quelques entrepreneurs peu scrupuleux et aimant le risque. Bref, c'était morose. Pas mort, mais pas folichon.

Un jour Valdini, l'un des lieutenants de la tribu, propose une idée un peu farfelue : revoir les termes et la façon d'écouler la marchandise. Un rebranding marketting pour disrupter les contraintes administratives. Son idée1)2) en fait rigoler certains, d'autres considèrent que ça se tente, et la plupart se disent que l'ennui est si grand que ça ne coûte rien d'essayer.

Voici Valdini parti dans le Royaume, avec une adresse : celle de Milae.

Milae, de son côté, est une très vieille dame. Elle était jeune du temps de Jinovitch, potiche à la cour et issue d'une petite noblesse. Son mari a eu le mauvais goût d'accepter une de ces promotions faciles qui se faisaient à ce moment-là de l'histoire (il faut bien remplacer les grands brûlés) et, quand Yrkanis est revenu au pouvoir, sa famille a été déclarée personna non grata. Elle a vécu des années dans le ressentiment, survivant en donnant des cours de maintien aux jeunes filles pour les préparer au mariage. Pour elle, Jinovitch était le dernier grand roi. Aussi l'idée de Valdini rencontre un certain écho. Margaritta, l'une des jeunes filles qu'elle a formées (et qui a eu le temps de devenir âgée aussi), a rejoint l'entreprise qui rejoint ses propres valeurs : des matis qui dominent le monde, des faibles en larbins, c'est parfait.

Objectif d'Ore Altae

Former des serviteurs d'excellence. Si si, pour de vrai.

Toute la subtilité vient de la façon de former, de “vendre” et de recruter ces serviteurs.

Il est très possible que tout cela soit une critique pas très subtile des modèles éducatifs et professionnels occidentaux.

Le mot en E

Chez Ore Altae, on ne parle pas d'esclave. C'est de mauvais goût. Si un des serviteurs a l'affront de le prononcer, il gagne quelques heures dans la Chambre de Réflexion. S'il s'entête, quelques jours, et s'il abuse vraiment, il a droit à des coups de bâton en plus. “C'est la seule façon d'apprendre le respect aux gens de ce genre”. De toute façon, tout cela n'a rien à voir avec l'esclavage. Être formé par Ore Altae est un privilège et il n'y a que des serviteurs absolument consentants, ici.

Le fait que se déclarer non consentant veuille dire, pour certains, être renvoyés aux Plages d'Abondance et potentiellement revendus à un savant fou qui fera des expériences sur eux, ou un détraqué sexuel, n'est pas pour rien dans la bonne volonté que certains peuvent montrer. Mais, au-delà de ça, il y a quand même une réelle amélioration par rapport à la condition d'esclave basique : on dort à l'abri de la pluie, on a même un lit (même si ce sont des planches de bois), on est au chaud (parce que les fenêtres restent fermées l'hiver et qu'il y a du monde dans les dortoirs ; on doit bien arriver à être à 10°C au plus fort de la tourmente), avec des repas réguliers et étonnamment corrects même si un peu frustes (les gens malades ne rapportent rien et la nourriture est la base d'une bonne santé). Enfin, la tranquillité d'esprit de savoir que tout cela est garanti à vie. N'est-ce pas une fabuleuse amélioration ?

La Chambre de Réflexion, qu'est-ce que c'est ? Un placard (vu la taille), assez grand pour mettre un homin voir un pot de chambre (pour ceux qui s'installent, et cela donne une idée de l'odeur), trop petit pour s'allonger à moins d'être un tryker vraiment minuscule. Et dans le noir, évidemment. C'est pour favoriser le fait de penser à sa mauvaise conduite et de trouver comment s'amender, parait-il. Cela terrorise suffisamment les plus jeunes pour qu'ils fassent tout pour l'éviter, mais c'est aussi une torture méthode efficace sur les adultes, même s'il leur faut généralement un peu plus de temps pour en apprécier la subtilité.

Le recrutement

Aucun serviteur d'Ore Altae ne vient d'enlèvement. Valdini et les siens recrutent la crème des futurs serviteurs dans les populations suivantes :

Rejoindre Ore Altae demande de passer des “épreuves” qui donnent le droit de suivre la formation… et élimine ceux qui vont évidemment poser trop de souci. Tout le monde y a droit, même si les épreuves sont un peu adaptées suivant les publics. La soumission à l'autorité est le critère principal.

Il faut bien comprendre ceci : Ore Altae n'est pas altruiste, mais travaille avec rigueur à avoir l'adhésion de ses es… heu, protégés, et à ce que rien ne puisse lui être reproché qu'un peu de “rigueur”. C'est toute la subtilité de la chose. Évidement, l'organisation se dira altruiste le jour où l'origine de ses recrues sera révélée : elle aide les traines-ruisseaux à en sortir, justement, et les rends à une vie plus morale !

La formation

L'école elle-même est un internat. On y rentre un jour, et on en ressort uniquement quand on est prêt à être un bon serviteur. Ou quand on est renvoyé parce que déclaré trop inapte à l'apprentissage et trop mauvais en tout.

Il n'y a évidemment pas de vacances, mais Holeth est férié. Ce jour-là, on a le droit de chanter les louanges de Jena toute la journée, il y a une chapelle dédiée dans les bâtiments, et on peut se lever plus tard, jusqu'à deux heures après l'aube.

Le reste du temps, l'organisation des cours laisse peu de temps pour penser. Margaritta, Milae et quelques autres rombières (appelées Professeures) se relaient pour enseigner les bonnes manières, la façon de se comporter quand des gens bien nés sont là, les commandements de Jena, etc. Les Auxiliaires montrent les gestes des activités manuelles, sous la surveillance des Professeures, comme la façon de cirer un plancher, de préparer un bon repas, de dresser les couverts, etc.

De nombreux mécanismes sont présents pour favoriser l'esprit de corps et la compétition entre serviteurs. Ils sont organisés en chambrées d'une dizaine de personnes de même sexe, avec un mélange des diverses populations (au moins un Auxiliaire par chambrée), et chacun de ses groupes a son propre blason et nom (les Bodoc Méthodiques, les Yubos Adroits, les Arma Soigneux, les Bawaab Plaisants, etc : uniquement des noms d'herbivores et des qualités). Il y a des notes individuelles et pour le groupe ; la chambrée ayant la note la plus basse est assignée aux tâches d'entretien de la maison les plus avilissantes la semaine suivante, ceux qui ont des notes basses servent de bouc émissaire. Un contrôle social au sein des groupes est favorisé. L'entraide pour maitriser les gestes (mieux apprendre en transmettant ses connaissances) est encouragée.

Chaque jour, tout le monde doit se lever à l'aube, se préparer et ranger la chambrée (qui doit être parfaitement organisée et propre), avant de faire une heure d'exercice dehors, quel que soit le temps. Puis une légère collation est offerte, et les cours commencent, le matin étant généralement consacré aux travaux pratiques. Un groupe prépare les repas, d'autres font le ménage (à un certain stade, il n'y a plus rien à briquer, mais il faut briquer quand même), etc. Il y a une autre pause à midi pour le repas, et de nouveau des cours, souvent plus théoriques (c'est entre autres à ce moment que les homins apprennent à lire, écrire et compter). Ensuite le repas du soir, une lecture Édifiante (à propos de bons serviteurs ou de la religion), et enfin retour aux dortoirs et extinction des feux.

Obtenir une permission pour sortir est rarissime. Il est possible que certains soient tentés de faire le mur au début, mais quelques mécanismes sont là pour limiter les tentations. En premier, il y a des gardes. Ces derniers viennent de chez les esclavagistes et ne sont pas des tendres. Ils patrouillent sur le périmètre extérieur de l'école et n'ont pas le droit d'entrer. Leur vie est plutôt sympa : ballade au grand air, nourriture fournie par l'école (et des serviteurs qu'on forme à être d'excellents cuisiniers), baraquements suffisamment propres pour manger par terre. Ils ont cependant interdiction d'échanger avec les serviteurs et tout est fait pour que les deux populations se croisent à peine, en dehors de quelques rencontres frontales avec les trublions. Autre mécanisme : la délation des fuyards. Si quelqu'un d'une chambrée cherche à faire le mur, tous ses camarades sont punis durement ; mais quiconque prévient une tentative de fuite reçoit une récompense. Comme les chambrées sont composées de générations variées, le message passe rapidement. Enfin, l'école elle-même est située dans la zone labyrinthique du Marais Supérieur : survivre à la zone est hors de portée des recrues en général.

Tout est organisé et pensé pour que les serviteurs soient d'une loyauté sans faille envers Ore Altae, et fasse de l'honneur de la maison leur propre honneur : juste assez de difficulté pour avoir la fierté de les surmonter, le sentiment profond de faire partie d'un groupe où la confiance est absolue (obligé…), le mythe abondamment répété jusqu'à devenir réalité qu'Ore Altae est leur chance, leur offre la meilleure vie qu'ils pouvaient espérer vu leur origine…

Les bâtiments

Ore Altae a un siège à Yrkanis (le hall de guilde), où sont traitées les affaires courantes et où les domestiques employés dans les cités peuvent revenir dormir au besoin. Il y a aussi une maison de campagne (île de guilde ?), lieu réel de la formation, loin des tentations de la grande ville. Enfin la demeure de Milae, un appartement pas aussi grand qu'elle ne l'aimerait dans les faubourgs d'Avalae, reste le véritable centre névralgique où nombre de décisions sont prises, loin des oreilles indiscrètes.

Le siège est la façade. Ce qu'on y trouve montre qu'on se trouve chez des matis ancienne version, mais rien de condamnable pour autant. Il n'y a pas grand-chose à y voler (de toute façon Milae et consœurs ne sont pas du genre à laisser les couverts en ambre à portée du péquin moyen).

La maison de campagne est dans un grand parc, entouré de falaises sur lesquels les gardes patrouillent. (Oui, bon, une ile de guilde quoi…). Rien n'est fait pour en faciliter l'accès et retrouver la route, il faut l'aide des gardes lors des aller-retour. D'un point de vue géographique, je vois bien cela dans le Marais Supérieur (il y a des zones qui ressemblent vraiment à ça, quand on a la chance d'être TP en haut de la falaise du labyrinthe).

Organigramme et recrues actuelles

Ore Altae n'est pas une vieille maison. Je n'ai pas compté en temps atysien mais disons que cela fait max 2 ans que ça “tourne”. Les noms sont tirés du générateur en dehors des quelques persos déjà réellement créés ; n'hésitez pas à broder autour.

À la tête de l'entreprise (faut que je retrouve les noms complets) :

Quelques professeurs/encadrants qu'on ne croisera jamais sauf si quelqu'un est très motivé à les jouer, tous issus des loyalistes matis/esclavagistes :

Il y a actuellement quatre chambrées avec entre huit et 10 personnes dedans :

Modèle économique

La meilleure partie. Du moins, le moment où les frais d'Ore Altae sont compensés par des rentrées d'argent.

Ore Altae vend aux matis de bonne famille (et à toute personne désirant avoir des serviteurs) un service avec garantie : ils placent quelqu'un correspondant au besoin de la famille et cette dernière verse un montant mensuel à l'organisme. Cela évite la gêne de devoir payer son employé de maison et garantit l'excellence du service. Si le serviteur ne convient pas, il est remplacé sans frais et sans discussion (ou presque). Il n'y a pas d'engagement, pas de nécessité de s'encombrer de personnel au-delà des besoins et la peine de devoir congédier quelqu'un est gérée par Ore Altae. Que ce soit pour une saison ou une vie, Ore Altae gère le personnel et s'assure de la satisfaction de ses clients.

Pour les serviteurs, il y a une garantie de minimum vital : ils sont placés sans avoir à quémander eux-mêmes auprès de toutes les maisons, et entre deux contrats, ils sont logés et nourris, généralement à l'école même, où ils sont aussi embauchés à former les plus jeunes et où ils subissent une formation continue : il ne faudrait pas que l'excellence s'endorme dans les affres de l'habitude. Bien sûr entre les frais scolaires à rembourser, les frais d'hébergement entre deux contrats, etc, il ne leur reste de leur salaire que quelques dappers. De quoi acheter un cadeau aux professeurs à l'occasion.

Pour Ore Altae, avoir la mainmise sur tout le flux financier et une position dominante dans le placement de serviteurs leur assure des gains de plus en plus confortables au fil du temps, le tout dans une activité qui, si elle n'est pas aussi estimable que d'être noble, est tout de même plus reluisante que de manger de la sciure à faire l'esclavagiste.

Histoires associées

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1)
Ce n'est pas “son” idée. Mais Valdini ne va pas trop la ramener sur le fait que cela lui vient d'un tryker, qui lui a exposé cette idée après une chasse et lui a proposé de lui faire rencontrer des gens.
2)
Imaginez ce que vous voulez sur la sorte de chasse dont il est question, et sur qui était le gibier. Il n'y a pas d'autre témoin que ces deux-là.